Avant notre voyage

Avant notre voyage - Daniel Mitchell

J’ai tellement hâte de partir ! Je fais des voyages à tous les ans, mais habituellement, je fais un petit tour dans certains pays du sud que j’ai l’habitude de visiter, car je fais partie d’un groupe de musique qui s’amuse à donner des spectacles de musique des groupes populaires. Nous avons quelques chansons à nous, mais pas suffisamment pour en faire un show d’une heure ou deux. Alors, quand nous présentons des spectacles, nous jouons plusieurs chansons qui appartiennent à des musiciens et des chanteurs connus. Ce sont toujours mes voyages préférés.

Par contre, avant de partir, je dois aller à mon rendez-vous chez un Dentiste BoisBriand. Je n’aime pas aller chez le dentiste, mais je dois le faire, sinon je risque de ne pas pouvoir chanter, car je vais avoir la gencive droite enflée. Ce ne serait vraiment pas pratique ! Puisque nous le faisons comme manière de gagner juste un peu de sous pendant notre voyage, j’ai un travail ici à Montréal, je ne voudrais pas arriver là-bas pour me rendre compte que je dois annuler toutes les prestations. Si on fait ça, on va devoir couper de beaucoup les frais et les dépenses de notre séjour de vacances d’un mois, surtout qu’un des gars du groupe n’a pas d’autre emploi que ça. C’est sa vie. Il fait partie d’un autre groupe en plus de celui-ci, et il rêve de faire des tournées un peu plus sérieuses que celles qu’on fait quand on se dirige dans les tropiques. Lui, il passe normalement trois mois dans ce coin-là, car il déteste l’hiver. Je ne le blâme pas. Je n’aime tellement pas la neige moi non plus.

Mais, au moins, moi, je peux me permettre de prendre soin de ma santé dentaire, alors je vais le faire. Je pense à mon plaisir quand je suis sur scène, et je pense à mon ami, à qui je dois beaucoup d’heures de plaisir et de fous rires.

Mais, à cause de mon intervention dentaire, il va falloir que les deux autres m’aident à payer les coûts de transport pour les instruments. On n’a pas l’intention d’apporter le set de batteries, évidemment, mais on devra amener au moins les guitares et les amplificateurs. Sans ces objets précieux, on devra payer pour en avoir qui seraient sûrement usagés, et peut-être de piètre qualité. Ça ne m’intéresse pas. Puisque ceci fait partie d’une routine annuelle, nous ne voulons pas donner de mauvais spectacles, et perdre la réputation que nous avons bâtie à la sueur de nos fronts.